Photo

ISMÈNE TOUSSAINT

L'ACTE D'UNION MÉTISSE EST-OUEST NOUS RAPPELLE, DEPUIS LE 8 MAI 2007, QUE LES PEUPLES MÉTIS DE L'EST ET DE L'OUEST FORMENT UN SEUL ET MÊME PEUPLE, UNI, FRATERNEL ET INDIVISIBLE, DE L'ATLANTIQUE JUSQU'AU PACIFIQUE...

« L'Acte d'Union forcera ce pays à revisiter son Histoire »

Jean Morisset (écrivain métis, mai 2007)

Afin de compléter la rubrique « Un peuple métis libre, une vision, une Logounion : petit historique de l'Union métisse Est-Ouest », publiée dans le présent site, nous présentons ici l'Acte d’Union métisse Est-Ouest qui avait été signé le 8 mai 2007 en Estrie (Québec). Il scellait officiellement les retrouvailles des Métis de l'Est et des Métis de l'Ouest qui s'étaient effectuées les 8 mai et 11 octobre 2005 à Montréal, par l'intermédiaire de leurs représentants, après cent-vingt ans de séparation due aux aléas de l'Histoire, aux manœuvres gouvernementales, aux distances géographiques et à la pendaison de Louis Riel (16 novembre 1885).   

Les signataires de ce document historique étaient M. Gilles Rhéaume, Métis Abénaki et célèbre militant de la cause de l'indépendance du Québec ; Mme Ismène Toussaint, auteure métisse d'adoption et lien-fondateur de cette dernière ; M. Jean Jolicœur, cofondateur de la même et chef de l'Alliance Autochtone du Québec (AAQ) ; le capitaine Jean-Guy Pinel (alias le capitaine de la Rochebeaucour), président du Régiment des Miliciens et Réguliers du Marquis de Montcalm (RMRMM, parrain : baron Georges Savarin de Marestan), qui avait été surnommé en son temps « le père des Autochtones » ; et M. Yves Saint-Denis, vérificateur à la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal.

Après avoir été authentifié et approuvé par un comité d'historiens-experts, l'Acte d'Union métisse Est-Ouest fut enregistré chez un homme de loi, maître Sylvain Lavallée, puis des copies certifiées conformes furent remises aux principaux centres d'archives du Canada, dont les Archives nationales du Québec, aux ministères des affaires autochtones, et à de nombreux représentants de communautés et d'organismes métis au pays.

Nous reprenons également ici quelques-uns des articles qui avaient paru lors de cet événement, notamment dans le site La Nation autochtone du Québec, ainsi que la mini-bibliographie s’y rapportant. L'Acte d'Union métisse Est-Ouest fera bientôt l'objet d'une publication dans un ouvrage. Ainsi espérons-nous que les Métis d'aujourd'hui continueront à s'unir afin de bâtir la Nation de demain.

Philippe La France (communicateur, Montréal) – Révision : Ismène Toussaint


NOTE

Les noms de deux des cofondateurs de l’Union métisse Est-Ouest ont été ôtés de l'Acte : en effet, animés par un regrettable appétit de pouvoir, d'argent, de gloriole, tout comme par la jalousie et par la crainte non-fondée de leurs pairs, ceux-ci avaient respectivement « démissionné » de notre mouvement en 2006 et en 2007, poussant la mauvaise foi jusqu’à déclarer que « l’Union métisse Est-Ouest n’existait pas » afin de mettre en place leur propre organisation, non officielle celle-ci. Si nous encourageons les actions allant dans le sens de l’union de tous les Métis au Canada, nous tenons quand même à préciser ici que leurs assemblées, ainsi que les regroupements dits Union Est-Ouest, Métis Est-Ouest, Métis d’Est en Ouest, Mouvement Est-Ouest, Mouvement métis Est-Ouest, Alliance nationale métisse, etc., que l’on a vu se constituer au Québec ces dernières années, ne sont pas la véritable Union métisse Est-Ouest de base.

 

ACTE D'UNION MÉTISSE EST-OUEST

« Quelle joie pour nous d’apprendre que les Métis ne font plus qu’un ! »    

Louis Riel (16 février 1870)

Considérant que les Métis sont le fruit des unions entre les Européens arrivés au XVIIe siècle en Pays-de-Canada et les Indiennes (Premières Nations), et que les Provinces Maritimes et le Québec forment le berceau du métissage ; 

Considérant que les Métis, en qualité de coureurs de bois et de nautoniers, ont permis au XVIIIe et au XIXe siècles la conquête de tout le continent et constituent par conséquent un des peuples fondateurs du Canada, inscrit depuis l’année 1982 dans l’article 35 de la Constitution canadienne ; 

Considérant que les Métis ont été séparés par la barrière naturelle des Grands Lacs et des Montagnes Rocheuses, la fusion des compagnies de fourrures en 1821, la scission des deux Canada en 1841, la création de la Confédération canadienne en 1867, l’écrasement de la résistance métisse contre les accapareurs de terres à Batoche (Saskatchewan) en 1885 et l’exécution de notre Chef Louis Riel (1844-1885) ; 

Nous déclarons solennellement, au nom des peuples métis de l’Est et de l’Ouest,

avoir scellé une alliance le 8 mai 2005 à Montréal, par l’entremise de deux représentants métis canadiens-français du Manitoba et du Québec, et de Mme Ismène Toussaint, auteure et lien-fondateur de cette alliance ; et former à nouveau un seul et même peuple, uni, fraternel et indivisible, depuis l’Atlantique jusqu’au Pacifique ;

avoir reconnu, le 11 octobre 2005 à la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, et le 11 octobre 2006, l’existence de Métis et de communautés métisses au Québec et dans les Provinces Maritimes, ce, en dépit de la négation des gouvernements ; et avoir fondé une association dite Union métisse Est-Ouest, destinée à permettre aux familles métisses de se retrouver, à promouvoir la culture métisse, à défendre les droits et les intérêts du peuple métis, et à développer les liens déjà tissés avec les nôtres dans tout le pays (voir le détail des objectifs et la charte en addendum) ;

En foi de quoi, en ce huitième jour du mois de mai 2007, nous signons sur l’honneur le présent acte devant les témoins dont les noms suivent »

Gilles Rhéaume, Métis Abénaki (Québec et Est)

Ismène Toussaint, auteure Métisse adoptée (Québec et Ouest)

Jean Jolicœur, chef de l'Alliance Autochtone du Québec

Capitaine Jean-Guy Pinel, alias Capitaine de la Rochebeaucour, représentant le baron Georges Savarin de Marestan, descendant du Marquis de Montcalm (Québec et France)

Yves Saint-Denis, vérificateur, Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal

Me Sylvain Lavallée, homme de loi (Waterloo, Québec)

                                                                              

RAPPEL : UNION MÉTISSE EST-OUEST - 8 MAI 2007 : SIGNATURE OFFICIELLE DE L'ACTE D'UNION MÉTISSE EST-OUEST

Article paru dans La Presse québécoise et La Nation autochtone du Québec, octobre 2007 ; disponible dans la catégorie « Dossiers-Union métisse Est-Ouest 2005-2011 » de ce site.

UNION MÉTISSE EST-OUEST

8 mai 2007 : Signature officielle de l’Acte d’Union Métisse Est-Ouest


 

Deux ans jour pour jour après la première alliance qui avait été scellée entre les Métis de l'Ouest et les Métis de l'Est, ce, grâce au travail d’ambassade de Mme Ismène Toussaint, auteure métisse d’adoption, un Acte historique d’Union entre les deux parties a été officiellement signé le 8 mai 2007 à la Maison-Dagenais de la Ville-de-Lac-Brome (Estrie), en présence d’un homme de loi, Me Sylvain Lavallée, et d’une délégation d’une dizaine de personnes : Métis, représentants d’organismes de soutien à leur cause, représentants culturels en costume de la Nouvelle-France, et journalistes.

Les signataires de cette pièce historique – qui vient d’être remise aux principaux chefs métis du pays, aux gouvernements, aux centres d’archives, aux Universités et aux rédacteurs d’Encyclopédies – étaient le célèbre militant Gilles Rhéaume, Métis abénaki, qui représentait le Québec, et Ismène Toussaint, pour l’Ouest dans son ensemble.

Une mini-exposition accueillait les invités dans la sa lle de réception : portraits de Louis Riel et du général Marquis Louis- Joseph de Montcalm (1712-1759), qui était surnommé en son temps « le père spirituel des Sauvages », objets et souvenirs autochtones, petits drapeaux, ouvrages d’Ismène Toussaint, de Russel Bouchard, historien officiel de l’Union et «être aux deux esprits », ainsi que du baron Georges Savarin de Marestan, parrain du Régiment des Miliciens et Réguliers du Marquis de Montcalm (RMRMM ; http://www.miliciensdemontcalm.allmyblog.com) et descendant du célèbre officier.

Après avoir diffusé l’hymne national métis, Peuple métis, souviens-toi..., œuvre du ténor et compositeur français Jean-Marc Philippe Duval, le maître de cérémonie, M. Yves Saint-Denis, représentant la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, a rappelé les liens qui unissent cet organisme aux Métis de l’Ouest depuis 1870, année de fondation du gouvernement provisoire de Louis Riel, et aux Métis de l’Est depuis le 11 octobre 2005, date à laquelle Ismène Toussaint avait réuni pour la première fois une brochette de chefs métis de l’Ouest, du Québec et des Provinces Maritimes. Cette dernière a ensuite évoqué les faits saillants qui ont jalonné la jeune histoire de l’Union, tout en permettant à de nombreuses personnes et à des familles de se retrouver à travers le continent.



Bien que le contenu historique de l’Acte ait été authentifié quelques jours plus tôt par un comité d’historiens, Yves Saint-Denis et Maître Sylvain Lavallée ont exigé de l’auteure qu’elle témoigne sur l’honneur de sa « véracité » et de sa « vérifiabilité ». Puis, d’une voix à la fois émue et solennelle, Gilles Rhéaume en a entamé la lecture :

« Quelle joie pour nous d’apprendre que les Métis ne font plus qu’un ! » – Louis Riel (16 février 1870)

« Considérant que les Métis sont le fruit des unions entre les Européens arrivés au XVIIe siècle en Pays-de-Canada et les Indiennes (Premières Nations), et que les Provinces Maritimes et le Québec forment le berceau du métissage.

Considérant que les Métis, en qualité de coureurs de bois et de nautoniers, ont permis au XVIIIe et au XIXe siècles la conquête de tout le continent et constituent par conséquent un des peuples fondateurs du Canada, inscrit depuis l’année 1982 dans l’article 35 de la Constitution canadienne.

Considérant que les Métis ont été séparés par la barrière naturelle des Grands Lacs et des Montagnes Rocheuses, la fusion des compagnies de fourrures en 1821, la scission des deux Canada en 1841, la création de la Confédération canadienne en 1867, l’écrasement de la résistance métisse contre les accapareurs de terres à Batoche (Saskatchewan) en 1885 et l’exécution de notre Chef Louis Riel (1844-1885).

Nous déclarons solennellement, au nom des peuples métis de l’Est et de l’Ouest, avoir scellé une alliance le 8 mai 2005 à Montréal, par l’entremise de deux représentants métis canadiens-français de l'Est et de l'Ouest, et de Mme Ismène Toussaint, auteure métisse d’adoption et lien-fondateur de cette alliance, et former à nouveau un seul et même peuple, uni, fraternel et indivisible, depuis l’Atlantique jusqu’au Pacifique ;

avoir reconnu, le 11 octobre 2005 à la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, et le 11 octobre 2006, l’existence de Métis et de communautés métisses au Québec et dans les Provinces Maritimes, ce, en dépit de la négation des gouvernements ; et avoir fondé une association dite Union métisse Est-Ouest, destinée à permettre aux familles métisses de se retrouver, à promouvoir la culture métisse, à défendre les droits et les intérêts du peuple métis, et à développer les liens déjà tissés avec les nôtres dans tout le pays
(voir le détail des objectifs et la charte en addendum).



Les Palourdes, symbole de la résistance des
Métis de l’Est. Tableau de Diane Richard,
artiste du Nouveau-Brunswick

En foi de quoi, en ce huitième jour du mois de mai 2007, nous signons sur l’honneur le présent acte devant les témoins dont les noms suivent »

Après la signature officielle, les deux représentants métis ont appelé leurs témoins à les imiter : M. Yves Saint-Denis ; le capitaine Jean-Guy Pinel (alias le capitaine de la Rochebeaucour, aide de camp du Marquis de Montcalm), qui vient d’enrôler un groupe de Métis dans son corps de troupe ; et M. Jean Jolicour, vérificateur financier de l’Alliance autochtone du Québec (AAQ). Ensuite, Gilles Rhéaume et Ismène Toussaint ont à nouveau juré sur l’honneur «avoir toujours servi la cause métisse dans l’esprit de l’Acte d’Union et de Louis Riel».

La cérémonie s’est achevée par un hommage des Métis à Ismène Toussaint, « cheville ouvrière de l’Union », ainsi qu’au travail militant et journalistique qu’elle a mené avec abnégation en faveur des leurs, parallèlement à son parcours d’auteure. Puis les participants se sont égayés dans la nature pour une séance de photographies, avant de se rassembler devant un copieux goûter, où, selon leur habitude, les Autochtones ont pu échanger leurs généalogies, leurs traditions et leurs souvenirs ancestraux.

Philippe La France
communicateur (Montréal) - Révision : Ismène Toussaint

http://rpsquebec.qc.ca/ ; http://autochtones.ca/

 

COMMUNIQUÉ DE PRESSE : APRÈS DES SIÈCLES DE SÉPARATION… DEUX PEUPLES SE RETROUVENT

SIGNATURE OFFICIELLE DE L’ACTE D’UNION MÉTISSE EST-OUEST

Montréal, le 8 mai 2007 – Deux ans jour pour jour après la première alliance qui avait été scellée entre les Métis de l'Est et les Métis de l'Ouest, ce, grâce au travail d’ambassade de Mme Ismène Toussaint, auteure métisse d’adoption, un Acte historique d’Union entre les Métis de l’Ouest et les Métis de l’Est a été signé le 8 mai 2007 à la Maison-Dagenais de la Ville-de-Lac-Brome (Estrie), en présence d’un homme de loi et d’une délégation formée de Métis, de représentants d’organismes de soutien à leur cause, de représentants culturels en costume de la Nouvelle-France, et de journalistes.

Cet événement marque pour le peuple métis la fin d’une séparation de plusieurs siècles, due, comme le précise l’Acte, aux « barrières naturelles », aux aléas politiques de l’Histoire, dont «la fusion des compagnies de fourrures en 1821, la scission des deux Canada en 1841, la création de la Confédération canadienne en 1867, l’écrasement des Métis en Saskatchewan et la pendaison de Louis Riel en 1885», et affirme «la réunification de la Nation métisse de l’Atlantique au Pacifique».

Les signataires de cette pièce – qui vient d’être remise aux principaux représentants métis du pays, aux gouvernements, aux centres d’archives, aux Universités et aux rédacteurs d’Encyclopédies historiques – étaient le célèbre militant Gilles Rhéaume, Métis abénaki, qui représentait le Québec, et Ismène Toussaint, pour l’Ouest en général. Les témoins signataires étaient M. Yves Saint-Denis, membre influent de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal (SSJBM) ; le capitaine Jean-Guy Pinel (alias le capitaine de la RocheBeaucour), président du Régiment des Miliciens et Réguliers du Marquis de Montcalm, qui vient d’enrôler une équipe de Métis dans son corps de troupe ; et M. Jean Jolicœur, vérificateur financier de l’Alliance autochtone du Québec (AAQ, 30 000 membres).

Dans leur discours respectif, M. Gilles Rhéaume et Mme Ismène Toussaint ont rendu hommage aux réalisations des pères fondateurs de l’Union ainsi qu’à l’historienne Russel-Aurore Bouchard, et remercié les chefs métis du continent ayant apporté leur appui à cette dernière. La cérémonie s’est achevée par un hommage des Métis à Ismène Toussaint, « cheville ouvrière de l’Union », ainsi qu’au travail militant et journalistique qu’elle a mené avec abnégation en faveur des leurs, parallèlement à son parcours d’auteure. Puis les participants se sont égayés dans la nature pour une séance de photographies, avant de se rassembler devant un copieux goûter, où, selon leur habitude, les Autochtones ont pu échanger leurs généalogies, leurs traditions et leurs souvenirs ancestraux.

Philippe Lafrance (communicateur, Montréal)

 

UN QUATRIÈME CERTIFICAT DE MÉRITE AUTOCHTONE POUR JEAN JOLICŒUR

Article paru dans La Nation autochtone du Québec, juin 2007 ; disponible dans la catégorie « Dossiers-Jean Jolicœur » de ce site.

C’est le 8 mai 2007 que Jean Jolicœur s’est vu décerner le Certificat de Mérite Gros-Ours pour « s’être particulièrement illustré en œuvrant à l’union de tous les Autochtones en Pays-de-Canada dans l’esprit du Chef Gros Ours (1825-1888) et en rendant de grands services à leur association » (Union métisse Est-Ouest).

Jean Jolicœur a combattu la misère et l’injustice, qui à l’excès dont sont soumis les autochtones, mènent trop souvent à la violence dont il a malheureusement été témoin et impuissant à se voir régler équitablement ces situations dans l’ordre et la justice.

Dans son livre, La justice? Quelle justice? Le juge Marc Brière écrit : « Quand on voit ses droits continuellement bafoués, méprisés, sans espoir de redressement, la tentation de recourir à la violence comme tribunal de dernier ressort, en désespoir de cause, devient irrésistible et cette révolte est parfois légitime lorsqu'elle est absolument nécessaire et qu'il n'y a pas d'autre issue. Il n'y a qu'une solution à la violence des barricades et des casseurs, c'est l'ordre - bien sûr! - mais dans la justice ». Jean Jolicoeur a toujours respecté ces sages réflexions.

En 2005, pour ses 13 années à la présidence de la Communauté Tea8eakenrat de Kanesatake / Oka le président / chef, Jean Jolicoeur, s’est vu octroyer un Certificat de Mérite par sa Communauté. En 2002 et de nouveau l’année suivante de 2003, Jean Jolicoeur s’était vu décerner le Certificat Commémoratif Kermoth A. Moore, fondateur de l’ancêtre de l’Alliance Autochtone du Québec pour son bénévolat, ses nombreux services rendus et sa fidélité à la cause des Autochtones du Québec.

http://www.autochtones.ca/   

 

JEAN JOLICŒUR, MEMBRE DE L’UNION NATIONALE MÉTISSE SAINT-JOSEPH DU MANITOBA

Article paru dans La Presse québécoise, novembre 2007

Au printemps dernier, le 3 mai 2007 très exactement, M. Jean Jolicœur, vérificateur financier de l’Alliance autochtone du Québec (AAQ), surprenait l’Union nationale métisse Saint-Joseph du Manitoba (UNMSJM) en sollicitant une adhésion auprès de son président, M. Gabriel Dufault. En effet, pour cette très vieille association fondée par Louis Riel en 1884 et reprise officiellement par son frère Joseph Riel en 1887, le fait d’accueillir en son sein un membre des Premières Nations constitue « une première historique mais aussi un défi pour l’avenir », d’autres «cousins» étant susceptibles de suivre un jour le même chemin. Il faut préciser toutefois que M. Jolicœur se présente depuis longtemps déjà comme un « Autochtone » au sens large du terme : « Cela fait plus de quinze ans que je travaille au rapprochement et à l’unification de tous les autochtones, non seulement du Québec mais du Canada, explique-t-il. C’est d’ailleurs pour cette raison que j’ai créé le site Internet « La Nation autochtone du Québec », qui aurait tout aussi bien pu s’appeler « La Nation autochtone du Canada », ainsi que celui de la section Olivier-Chénier de la Société Saint-Jean Baptiste de Montréal, organisme de soutien à notre cause : « Les Patriotes de Saint-Eustache ». Ce sera mon héritage au pays. Bien-sûr, je ne verrai pas de mon vivant la réconciliation tant espérée mais je compte sur certains regroupements pour y travailler. »

Comme preuve de sa bonne foi et en guise de cadeau, M. Jolicœur offrait le même jour à M. Dufault une copie certifiée conforme de sa généalogie. Effectuée en 1991 par l’historien Bernard Assiniwi et par son fils Marc-André, responsable des registres au Ministère des Affaires indiennes à Ottawa, ratifiée de surcroît par un commissaire à l’assermentation, cette dernière établit clairement la filiation algonquine de l’éminent homme d’affaires et son appartenance à la Nation Algonquine. Mais aussi qu’il possède du sang Abénaki, Huron, Micmac, Mohawk et Pawnee. Enfin, comble de la surprise, M. Jolicœur peut même justifier d’une ascendance métisse. « Dans les années 1990, ce document avait fait beaucoup de bruit lorsqu’il avait été déposé au Comité permanent des Affaires Autochtones de la Chambre des Communes à Ottawa, raconte malicieusement l’intéressé, il avait été cité comme un modèle à suivre pour les autochtones et avait fait la une du journal La Presse à Montréal. » 

Le geste d’ouverture de M. Jean Jolicœur aux Métis précédait de peu sa participation à la cérémonie de signature de l’Acte d’Union métisse Est-Ouest, qui se déroula le 8 mai 2007 à la Maison-Dagenais de Ville-de-Lac-Brome , dans les Cantons de l’Est, en présence d’une délégation de Métis, de représentants de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal (SSJBM), d’acteurs culturels et de journalistes. En sa qualité de « Père » de l’Union métisse Est-Ouest, il fut en effet l’un des témoins signataires de ce document historique qui a donné ses lettres de noblesse à l’Union en entérinant les retrouvailles des Métis de l’Est et des Métis de l’Ouest après des siècles de séparation et en rappelant à tous que le peuple métis forme « un seul et même peuple, fraternel, uni et indivisible de l’Atlantique jusqu’au Pacifique. »

La nouvelle de l’entrée de M. Jean Jolicœur dans l’UNMSJM, qui s’inscrit dans ce mouvement planétaire de réconciliation entre Indiens et Métis symbolisé actuellement par Mme Rigoberta Menchù, Prix Nobel de la Paix 1992, laquelle en a fait le thème principal de sa campagne présidentielle au Guatemala, a suscité des réactions très positives parmi les personnalités du monde métis. Pour des raisons de contraintes spatiales, nous nous contenterons d’en citer quelques-unes :

Aimé Riel, arrière-petit-cousin de Louis Riel, enseignant et président du Comité des Métis à Riel : « Les cousins enterrent la hache de guerre : cela prouve, au moins de manière sectorielle, que la vieille bagarre entre Premières Nations et Métis, chacun se cantonnant sur ses positions et critiquant sinon démolissant l’autre, peut prendre fin. De toute manière, il s’agit d’un combat futile, rejoignant les comportements racistes. Que M. Jolicœur s’allie à l’UNMSJM constitue un pas très important vers une éventuelle réconciliation entre les deux groupes et la défense d’intérêts communs. Le sectarisme en cette matière ne peut que favoriser une division servant les avantages de ceux qui méprisent les Autochtones et leurs descendants directs ou indirects. »

Ismène Toussaint, auteure, lien fondateur de l’Union métisse Est-Ouest et ancienne membre de l’UNMSJM1 : « J’ai évidemment toujours encouragé les démarches, du moins sérieuses, allant dans le sens de l’Union métisse Est-Ouest. J’étais au courant du projet de Jean Jolicœur depuis fin 2006 mais même si j’avais eu le plaisir d’offrir à plusieurs Métis de l’Est leur premier parrainage dans l’UNMSJM afin de leur assurer un début de reconnaissance et de protection, je ne me serais jamais permis d’influencer sa décision. En fait, elle ne m’a pas vraiment étonnée : non seulement Jean Jolicœur est un homme d’avant-garde mais il m’a toujours fait penser à Gros Ours, ce chef Cri des Plaines qui partageait le rêve de Louis Riel d’une république métisse et amérindienne dans l’Ouest. C’est sans doute la raison pour laquelle Jean et moi sommes amis depuis dix ans (Rires). C’est sans doute aussi la raison pour laquelle nous lui avions remis le Certificat de mérite Gros-Ours le 8 mai dernier : l’Union métisse Est-Ouest n’aurait jamais pu voir le jour sans son aide, l’Acte d’Union non plus. »

Russel Bouchard, historien, « être aux deux esprits » et membre de la communauté métisse de Chicoutimi : « J’ai beaucoup d’estime pour la qualité humaine de M. Jolicœur et pour le travail qu’il accomplit en faveur de la cause autochtone. En bout de piste, lorsque les conflits de ce parcours historique dont nous sommes tous les témoins seront réglés, les Métis, les Premières Nations et les Inuits trouveront l’unité qui nous fait défaut depuis cinq siècles. Le rêve du Nouveau Monde, c’est Nous ! En écrivant L’Utopie, Thomas More pensait à Nous ; en écrivant L’Émile, Jean-Jacques Rousseau pensait à Nous ; en écrivant Candide, Voltaire pensait à Nous. Nous y arriverons et c’est justement grâce à des personnes engagées comme Jean Jolicœur que cela est déjà possible. Qu’il ait choisi de se joindre à l’UNMSJM, qu’il ait été accepté par elle, c’est un honneur pour lui, pour les siens, et un pas en avant pour la cause de tous les autochtones du Canada. »

Il nous reste à souhaiter que l’initiative de ce pionnier fructifie au cœur et à l’esprit de ses pairs.

Éric Cartier (communicateur, Montréal) - Révision : Ismène Toussaint


NOTE

1. Après plusieurs années de bons et loyaux services, Mme Ismène Toussaint, lien-fondateur de l'Union métisse Est-Ouest, avait démissionné de l'UNMSJM le 18 mai 2007 après y avoir subi plusieurs trahisons : démission qui fut artificieusement déguisée en « expulsion » par le président de cet organisme. M. Jean Jolicœur n'en est plus membre non plus. Aujourd'hui, l'Union métisse Est-Ouest a d'autres représentants au Manitoba.

http://www.rpsquebec.qc.ca

 

11 OCTOBRE 2007 : LES MÉTIS RENDENT HOMMAGE À L'AUTEURE ISMÈNE TOUSSAINT

Article paru dans La Nation autochtone du Québec et À La Mémoire des Patriotes de Saint-Eustache (Québec) de 1837, 23 octobre 2007 ; disponible dans la catégorie « Dossier-Union métisse Est-Ouest 2005-2011 » de ce site.

Le Comité des Métis à Riel, constitué des descendants des Riel de l’Est et des Métis du Manitoba, de la Saskatchewan et de l’Alberta résidant au Québec, tient à exprimer sa gratitude et sa reconnaissance à Mme Ismène Toussaint, auteure.

Le 8 mai 2005, au prix d’un long et patient travail de tissage, elle a rattaché d’une pièce l’Est métis à l’Ouest métis, formant la désormais bien connue « Union métisse Est-Ouest ». Avant elle, personne n’avait réussi ce tour de force, qui fut rendu possible grâce à l’Union nationale métisse Saint-Joseph du Manitoba et à la communauté métisse de l’Estrie, organismes phares. La « chute » de notre mur historique et psychologique, cette révolution miniature ont permis à des centaines de familles et à de nombreux artistes de se retrouver dans tout le pays.

Le 11 octobre 2005 et le 11 octobre 2006, en hommage au début de la résistance de Louis Riel, elle a permis que les 31 premiers Métis du Québec et les 45 premiers Métis de l’Est soient reconnus par nos frères de l’Ouest. Parallèlement, elle a encouragé et œuvré au rapprochement avec nos cousins métis de langue anglaise.

Grâce à l’Acte d’Union du 8 mai 2007, qui rappelle que nous formons une Nation de l’Atlantique au Pacifique, les Métis que je représente sont sortis de l’ombre et se sont réunis pour la première fois cet été.

Elle a défendu notre cause avec courage, détermination, loyauté, idéalisme, générosité, colère, indignation, passion, sans jamais exiger de contrepartie. Ses ouvrages, articles, portraits, photos, conférences, émissions, initiatives accomplies ou projets et écrits encore inédits ont créé un univers de beauté dans lequel nous, Métis, nous reconnaissons et nous sentons chez nous.

Petit soldat de Louis Riel, grand par l’âme, toujours debout dans la tempête, l’incompréhension, l’injustice et la jalousie ont souvent été son salaire. Tous ses rêves ne se sont pas encore réalisés mais nous tenons à ce qu’elle sache que la grande famille métisse et en particulier celle des descendants des Riel, est et sera toujours sienne.

Aimé Riel, président (Montréal)

http://autochtones.ca/ ; http://patriotes.org/

Article également paru dans La Presse québécoise et dans La Liberté (Manitoba).


PETITE BIBLIOGRAPHIE DE L'ACTE D'UNION MÉTISSE EST-OUEST 

TOUSSAINT, Ismène. « Acte d’Union métisse Est-Ouest », document historique écrit et signé en collaboration avec Gilles Rhéaume, Jean Jolicœur, et al. à Ville-de-Lac-Brome, Québec, le 8 mai 2007 ; enregistré le 11 mai 2007 chez Maître Sylvain Lavallée, notaire à Waterloo, Québec, sous la référence 07-145, minute nº 7278 (Archives Ismène Toussaint – Jean Jolicœur – Union métisse Est-Ouest) ; déposé au Fonds Lionel-Groulx, à Outremont ; aux Archives nationales du Québec, à Montréal ; à la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal ; au Centre du Patrimoine de Saint-Boniface, Manitoba ; et auprès de divers ministères, centres d’archives et communautés métisses du Québec et du Canada ; repris dans CARTIER, Éric, et Ismène TOUSSAINT. « 8 mai 2007 : signature officielle de l’Acte d’Union métisse Est-Ouest », Terrebonne, La Presse québécoise, vol. 4, n° 3, octobre 2007, p. 7 ; dans La Nation autochtone du Québec, 19 novembre 2007, http://http://www.autochtones.ca/portal/fr/ArticleView.php?article_id=467 Voir aussi Gabriel Dumont : Souvenirs de résistance d’un immortel de l’Ouest (présentation et notes de Denis Combet et Ismène Toussaint), Québec, Éditions Cornac, 2009, p. 403.

CARTIER, Éric. « 8 mai 2007 – Signature officielle de l’Acte d’Union métisse Est-Ouest », La Presse québécoise, vol. 4, n° 3, octobre 2007, p. 7 ; repris dans La Nation autochtone du Québec, 19 novembre 2007, http://www.autochtones.ca/portal/fr/ArticleView.php?article_id=467 (en collaboration avec Ismène Toussaint) ; dans Ismène Toussaint, rubrique « Dossiers-Métis », 25 février 2010, http://www.ismenetoussaint.ca 

CARTIER, Éric. « Union métisse Est-Ouest : Jean Jolicœur, membre de l’Union nationale métisse Saint-Joseph du Manitoba », Terrebonne, La Presse québécoise, vol. 4, n°4, novembre 2007, p. 7 ; http://www.rpsquebec.qc.ca (en collaboration avec Ismène Toussaint).

CARTIER, ÉRIC. « Communiqué - Après des siècles de séparation, deux peuples se retrouvent… 8 mai 2007 : signature officielle de l’Acte d’Union métisse Est-Ouest », 9 mai 2007 (en collaboration avec Ismène Toussaint).

HARTON, Mario. « 8 mai 2007 : Signature officielle de l’Acte d’Union métisse Est-Ouest », Québec, Wistiti, 11 mai 2007, http://www.wistiti.fr/wistiti/fr  fr/asp/album-photo-Galerie.asp  pseudo=ha0001DPFcC22/028&album=ha00011DPFcC22/02BXDEPImage 

HARTON, Mario. « Signature de l’Acte d’Union métisse Est-Ouest », Québec, Les Miliciens et Réguliers du Marquis de Montcalm, 21 mai 2007, http://www.miliciensdemontcalm.allmyblog.com (Parrain : baron Georges de Marestan – Président : capitaine Jean-Guy Pinel).

CBWFT RADIO-CANADA. « 8 mai 2007 : Signature de l’Acte d’Union métisse Est-Ouest », Winnipeg, Ce Soir Manitoba, 11 mai 2007 ; http://www.radio-canada.ca/regions/manitoba/nouvelles/2007

CKSB-RADIO-CANADA. « 8 mai 2007 : Signature de l’Acte d’Union métisse Est-Ouest », Saint-Boniface, CKSB-Radio-Canada, interviews et chronique, 11 et 12 mai 2007.

Le Livre de presse de l’Union métisse Est-Ouest, 2005-2007 (Archives d'Ismène Toussaint).

Le Livre de presse de l’Acte d’Union métisse Est-Ouest, 2007 (Archives d'Ismène Toussaint).

RIEL, Aimé. « 11 octobre 2007 : Hommage à Ismène Toussaint, auteure », Saint-Boniface, La Liberté, semaine du 10 au 16 octobre 2007 ; repris sous le titre « Les Métis rendent hommage à l'auteure Ismène Toussaint », dans La Nation autochtone du Québec, 23 octobre 2007, http://www.autochtones.ca/portal/fr/ArticleView.php?article_id=463 ; dans À la mémoire des Patriotes de Saint-Eustache (Québec) de 1837, Saint-Eustache, même date, http://www.patriotes.cc/portal/fr/ArticleView.php?article_id=119 ; www.patriotes.org ; dans La Presse québécoise, Terrebonne, vol. 4, n° 4, octobre 2007, p. 7 ; http://www.rpsquebec.qc.ca 

« Un quatrième certificat de mérite autochtone pour Jean Jolicœur » (Certificat de mérite Gros-Ours de l’Union métisse Est-Ouest), La Nation autochtone du Québec, 14 juin 2007, http://www.autochtones.ca/portal/fr/ArticleView.php?article_id=435 ; repris dans À la mémoire des Patriotes de Saint-Eustache (Québec) de 1837, Saint-Eustache, même date, http://www.patriotes.cc/portal/fr/ArticleView.php?article_id=112 ; http://www.patriotes.org ; dans Jolicœur, même date, http://www.jolicœur.ca ; dans Ismène Toussaint, rubrique « Dossiers-Jean-Jolicœur », 25 février 2010, http://www.ismenetoussaint.ca

 

 

 

© Jean Jolicoeur - Ismène Toussaint - Coprésidence des Autochtones Métis de la Nation québécoise et Union métisse Est-Ouest 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Haut de la page

Administration