Photo

ISMÈNE TOUSSAINT

8 FÉVRIER 2018 : « ARMES À FEU ET LIBERTÉS ! POURQUOI LES CANADIENS DE SOUCHE RÉSISTENT-ILS AUX CONTRÔLES DE l'ÉTAT ? », PAR AKAKIA (LES DÉLIRES D'AKAKIA)
Métis canadien devant son wigwam. Son arme à feu est le plus grand bien qu'il possède. Et son plus bel espoir est de la transmettre à un des ses enfants avec l'héritage de la liberté.

ARMES À FEU ET LIBERTÉS ! POURQUOI LES CANADIENS DE SOUCHE RÉSISTENT-ILS AUX CONTRÔLES DE l'ÉTAT ?

PAR AKAKIA (LES DÉLIRES D'AKAKIA, 8 FÉVRIER 2018)

LA QUESTION QUI TUE !

« Pourquoi ne pas vouloir enregistrer vos armes à feu ? Qu’est-ce que cela peut bien vous enlever dans votre pratique et vos droits ? » C’est la question qui tue, le mantra des anti-armes à feu qui n’ont que cet argument fallacieux à opposer aux propriétaires de ces instruments qui défendent leurs droits et libertés. Cette question roule tout le temps, sitôt qu’on l’aborde dans un échange de points de vue et dès qu’on la soulève dans les médias. C’est d’ailleurs l’argument massue du premier ministre Philippe Couillard (du Québec) et de son ministre de la Sécurité publique qui n’ont jamais été foutus d’expliquer le vrai pourquoi de leur acharnement sur la question de l’enregistrement obligatoire des armes à feu d’épaule. Une loi empoisonnée qu’ils ont votée à l’encontre des populations régionales et des peuples fondateurs du pays. En fait, la question ne devrait pas être « pourquoi les propriétaires légitimes refusent-ils la nouvelle loi » ? mais plutôt… pourquoi les gouvernements des deux paliers supérieurs s’acharnent-ils, ainsi, depuis la loi de 1977 (date de l’entrée en vigueur d’un permis de possession et d’achat) à en resserrer les contrôles en dépit du vibrant refus d’une majorité ? À chaque fois que le parti libéral prend le pouvoir tant à Québec qu’à Ottawa, la question du contrôle des armes à feu ressurgit dans le menu législatif. Bien que cette volonté politique soit aujourd’hui intégrée au calendrier de l’ensemble des pays démocratiques de l’Occident (exception faite des Etats-Unis et de la Tchéquie qui vient de s’ouvrir au port d’arme citoyen) ; bien qu’elle ait été l’objet, tout dernièrement, d’un traité malveillant concocté par l’ONU qui l’a associé à son projet de gouvernement mondial, il faut tout de suite reconnaître, que chez nous, au Canada, grâce au zèle du présent gouvernement libéral, ce programme liberticide a pris une dimension qui dépasse largement la nécessité du moment et qui ne s’indispose pas de trahir la réalité culturelle fondamentale de notre pays. En effet, depuis la Crise d’Octobre de l’automne 1970, plusieurs lois restrictives en matière de possession et d’utilisation d’armes à feu ont été votées, tant au niveau fédéral que provincial, en dépit du fait que cette responsabilité soit de juridiction exclusivement fédérale. Dans cette quête de l’État qui va à l’encontre des libertés fondamentales des Canadiens de souche et de leur culture ancestrale, cette question revêt une dimension à la fois symbolique et pratique et constitue, à elle seule, le meilleur indicateur pour jauger de la perte graduelle de nos droits et libertés en dépit de la Charte canadienne des droits et libertés de la personne censée les protéger depuis 1982. Dans la tête des honnêtes propriétaires d’armes à feu, chacune des restrictions annoncées est perçue comme une menace ! Elle imprime, chez eux, une pression de moins en moins soutenable sur la notion de liberté telle que perçue au fil de notre histoire et ressentie instinctivement par les individus qui y sont attachés intrinsèquement. À cet égard, la mécanique du programme libéral, depuis l’ère de Pierre-Elliot Trudeau, se lit ainsi : au fur et à mesure que l’État centralisateur récupère une liberté individuelle, il augmente son pouvoir sur les individus sous prétexte du bien collectif et de la sécurité publique, et il le fait conséquemment au profit des institutions complices et au détriment du citoyen. Une cuillerée à la fois, la tactique est efficace et a fait ses preuves depuis longtemps !

UN CONTRAT SOCIAL À REDÉFINIR

La vie en collectivité dans un pays démocratique « implique le sacrifice d’un certain nombre de libertés individuelles », ce qui est tout à fait acceptable dans le cadre d’un honnête contrat social où tout un chacun doit donner du sien. Ainsi, chaque société choisit elle-même les sacrifices à faire en fonction du coût, que ceux qui décident au nom de tous, soient prêts à payer. Plus prosaïquement, dans le cas du contrôle des armes à feu au Canada, le problème vient cependant du fait que ceux qui en font les frais n’ont aucune emprise sur les décisions et que le groupe dominant qui les prend en leur nom ne perd strictement rien au terme de l’exercice. Dans un tel contexte, on comprendra pourquoi, depuis 1977, les propriétaires canadiens d’armes à feu perdent sur toute la ligne et n’ont jamais la voix au chapitre, exception faite du court moment de détente apporté par le gouvernement conservateur de Stephen Harper. Ces gens qui décident pour nous et qui vont à l’encontre de nos droits fondamentaux sont totalement indifférents des sacrifices que nos grands-pères et nos grands-mères ont dû consentir à travers les moments troubles de notre histoire pour nous les transmettre. Les mêmes causes produisent toujours les mêmes effets. Plus l’État rétrécit le pouvoir des individus, plus il accroît celui des institutions, de la police, des associations et des communautés culturelles sur lesquelles il appuie sa domination. Et cette lutte, de plus en plus exacerbée, entre les droits individuels et les droits collectifs, s’est accentuée avec le rapatriement constitutionnel de 1982. Elle oppose de plus en plus pernicieusement les articles 6 à 12 de la Charte canadienne des droits et libertés de la personne (qui correspondent aux droits et protections des individus), à l’article 27 du même document (qui correspond aux pouvoirs des communautés) et aux principes de « justice fondamentale » (qui sont les paramètres constitutionnels du droit à la vie, à la liberté et à la sécurité de sa personne). Cette lutte, dans laquelle s’opposent manifestement la nouvelle droite individualiste, non-interventionniste et libertariste (entendons défenseur de la liberté comme un droit naturel), et la nouvelle gauche ultra féministe, moralisatrice, régalienne et mondialiste ; cette lutte, dis-je bien, est désormais intentionnellement confondue par le gouvernement dans le tout à l’État, le bien commun et la sécurité publique, des notions fourre-tout de plus en plus vidées de leur sens propre. Et c’est ce qui explique, en quelque sorte, pourquoi le mouvement pro-arme est inévitablement soutenu par les individus qui n’en peuvent plus de voir leurs libertés traditionnelles rétrécir comme une peau de chagrin ; pourquoi ce sont toujours les groupements associés à la nouvelle gauche et aux institutions gouvernementales qui, sans jamais se lasser, réclament des lois de plus en plus contraignantes sur le contrôle des armes à feu ; pourquoi, au final, ce sont toujours les honnêtes citoyens, individuellement, et le bon peuple des régions ressources qui écopent.

ARMES À FEU ET LUTTES DE CLASSE

La question culturelle et collectiviste (entendons le multiculturalisme) s’inscrit donc au cœur même de cette agression communautariste et de ce dérapage d’une démocratie qui semble formellement décidée à faire triompher le collectif, insidieusement associé au bien commun et présenté comme moralement sain, au détriment des libertés individuelles présentées comme rétrogrades, malsaines et moralement mauvaises. À quelque part du débat entre pro-armes à feu et anti-armes à feu, au Canada (comme aux États-Unis d’ailleurs) cet affrontement revêt alors un caractère idéologique marqué par des modulations géographiques et culturelles bien tranchées qui remettent en question les fondements mêmes de la société canadienne. Dans ce contexte, il s’agit donc d’une véritable lutte de classes opposant métropoles et régions ressources, villes et campagnes, mouvements communautaristes et Canadiens de souche, culture mondialiste et culture autochtone, nouvelle gauche et nouvelle droite, à la rigueur femmes et hommes. Contrairement aux luttes de classes qui ont secoué le XXe siècle, ce conflit n’a pas pour fondements des considérations économiques, bien que cet argument soit évoqué régulièrement par la faction pro-armes à feu ; il repose plutôt et essentiellement sur des valeurs culturelles et identitaires, des traditions ancestrales gravées dans notre code génétique et des racines historiques profondes, lesquelles valeurs, dans le contexte des apports migratoires invasifs et incontrôlés qui affligent notre pays, contribuent à exacerber les tendances et les tensions. Dans ce dévoiement de la démocratie canadienne, on peut d’ores et déjà comprendre que l’État, qui a appris à instrumentaliser ces associations humaines pour dominer sans partage, ne s’arrêtera que lorsqu’il aura réduit l’individu à sa plus totale soumission et qu’il aura récupéré du même souffle la totalité des pouvoirs et prérogatives sur lui, au nom de la nouvelle diversité culturelle canadienne, du multiculturalisme et du fameux « bien vivre ensemble » ! C’est ce qui se passe d’ailleurs dans les dictatures qui éreintent présentement les libertés fondamentales partout sur la planète, et c’est ce qui est arrivé quand les anciennes dictatures déchues ont entrepris de récupérer tous les pouvoirs du citoyen au nom du peuple, ce qui, encore là, est une notion qui mériterait d’être redéfinie à l’heure de l’insoutenable projet onusien du gouvernement mondial. Sous le faux prétexte de la « sécurité publique » et de « la raison d’État », l’État détruit le principe du citoyen individuel au profit de la communauté citoyenne, étrangle les libertés individuelles, qui ont valeur de symbole chez les Canadiens de souche, au nom de la liberté communautariste et collectiviste. Voilà ce qui heurte les propriétaires d’armes à feu dans leur fondement. Nul besoin de comprendre le rouage de la mécanique socio-politique qui fait que les choses se passent ainsi à son encontre ; nul besoin de savoir le comment et le pourquoi de l’agression dont il fait les frais, le propriétaire légitime d’une arme à feu le ressent dans le plus profond de lui-même, dans toutes ses fibres. Pour ce dernier, avoir une arme à feu, c’est être quelqu’un parmi les siens, avoir encore un certain pouvoir sur sa vie, être libre à quelque part dans ce monde où plus rien n’est permis ; en être dépouillé, c’est n’être plus des siens, être réduit à la plus totale impuissance, être à la merci de tous les éléments. Si peu instruit de ces choses soit-il, le citoyen canadien enraciné de longue date ressent ainsi donc cette oppression législative dégénérative en son for intérieur, instinctivement et comme le fait la corde de chanvre autour du cou du pendu. Il la ressent comme une insoutenable agression et comprend qu’il est en train de perdre quelque chose d’important, quelque chose qu’il avait reçu en héritage à la naissance et qu’on est en train de la lui dérober, morceau par morceau, par toutes les malversations gouvernementales possibles. Pour ce citoyen, la menace étatique est devenue constante et se présente comme une lutte pour la liberté qui mérite plus que jamais d’être livrée, à son corps défendant, si besoin est dans les aléas d’un mouvement de désobéissance civile aux conséquences incertaines et délétères pour toutes les factions.

Akakia

Article paru le 8 février 2018 dans le blogue de l'historienne métisse Russel-Aurore Bouchard Les délires d'Akakia, Chicoutimi (Saguenay-Lac-Saint-Jean), http://akakia.blogspot.ca/…/armes-feu-et-libertes-pourquoi-…

 

 

© Akakia


Haut de la page

Administration