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ISMÈNE TOUSSAINT

18 OCTOBRE 2016 : « DE NOMBREUSES DÉNONCIATIONS D'ABUS DE POLICIERS ENVERS LES AUTOCHTONES », PAR JEAN-PHILIPPE ROBILLARD (RADIO-CANADA)


Jean Jolicœur 
© Radio-Canada 

DE NOMBREUSES DÉNONCIATIONS D'ABUS DE POLICIERS ENVERS LES AUTOCHTONES

PAR JEAN-PHILIPPE ROBILLARD (RADIO-CANADA, 18 OCTOBRE 2016)

La ligne téléphonique mise en place par Québec donne des résultats.

EXCLUSIF - Des dizaines d'Autochtones ont fait de nouvelles dénonciations d'abus commis par des policiers au moyen de la ligne téléphonique mise en place par le gouvernement du Québec pour inciter les femmes autochtones à briser le silence.

Les dénonciations qui ont été faites au cours des derniers mois visent des agents de la Sûreté du Québec (SQ), mais également des policiers municipaux et des agents des corps policiers autochtones.

« On doit dire que c'est surprenant le nombre d'appels qu'on reçoit, déclare Jean Jolicœur, vice-président des Services parajudiciaires autochtones du Québec (SPAQ), c'est assez important. »

Selon nos informations, au moins 75 appels ont été faits à cette ligne téléphonique jusqu'à présent. Les dénonciations proviennent d'un peu partout au Québec.

Elles sont faites par des femmes, mais également par des hommes qui ont décidé de briser le silence, ce qui a étonné les représentants des Services parajudiciaires autochtones du Québec.

« On ne pensait pas que les hommes avaient eu ce genre d'aventure là. Majoritairement, ce sont des agressions tant physiques que sexuelles [...] La brutalité policière, c'est un cas assez fréquent; le harcèlement sexuel, c'est un autre cas. Il y aussi l'intimidation, les policiers font de l'intimidation envers les Autochtones », dit Jean Jolicœur.

Peu d'Autochtones portent plainte

Le ministère québécois de la Sécurité publique a lancé cette ligne téléphonique en avril dernier pour inciter les femmes autochtones à briser le silence dans la foulée des révélations de l'émission Enquête concernant des femmes autochtones qui allèguent avoir été agressées sexuellement par des policiers de la SQ.

Toutefois, même si plusieurs Autochtones ont décidé de dénoncer les abus de certains policiers, rares sont ceux qui acceptent officiellement de porter plainte.

Selon nos sources, seulement onze plaintes ont été acheminées jusqu'à présent au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), qui est responsable d'enquêter sur ces dossiers.

Pour Jean Jolicœur, c'est insuffisant compte du tenu du nombre d'appels reçus. Il affirme que les Autochtones hésitent à porter plainte, car ils craignent des représailles des forces policières et en particulier dans les petites communautés, où les gens connaissent souvent les agents de police.

« Les gens ont peur, et c'est là notre gros problème [...] Vous savez, vous êtes en proximité, alors parfois le policier, c'est le voisin. Si vous vivez dans ce genre de contexte là, vous avez une certaine crainte, c'est clair. »

Pour le chef de l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador (APNQL), Ghislain Picard, c'est la preuve que les Autochtones ont perdu confiance dans les services policiers. « Le lien de confiance n'existe tout simplement pas entre les membres de nos communautés et les forces policières, SPVM ou autres », dit-il.

Briser le silence

Émile Gregoire, un Innu de 74 ans de Sept-Îles, lui, n'a pas eu peur. Il est l'une des onze personnes qui ont décidé de déposer officiellement une plainte. Il veut dénoncer la brutalité policière dont il dit avoir été victime.

http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/societe/2016/10/18/001-autochtones-ligne-telephonique-plainte-policier-sq-spvm-denoncer-abus-enquete.shtml?isAutoPlay=1

 

 

 

 

 

© Jean-Philippe Robillard (Radio-Canada)


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